Retour à la vraie vie

sexeinfidele.wordpress.com

Je suis rentré par les quais. Dans mes poches mon téléphone n’en finit pas de vibrer et le fleuve s’écoule imperturbable, à mes cotés. Il faut s’approcher très près pour voir à quel point il est agité. Les remous forment d’étranges toupies emportant tout sur leur passage.
A cet instant, je me sens proche de ce fleuve. Comme lui je flotte, j’avance tout entier dans la même direction et pourtant tenté par mille vies, mille femmes comme autant de tourbillons troublant mon cours.
J’ai glissé une main dans mes poches pour serrer ce téléphone qui voudrait me ramener où je n’ai aucune envie d’aller. J’aurais du être repu de sexe, je suis affamé. Je revois Valérie, je la sens. Elle s’imprime devant moi tel un voile dansant. Je suis encore rempli de désir et mon érection le confirmerait à quiconque un peu attentif. J’imagine déjà notre prochaine rencontre. Je la veux plus forte encore, plus intense. Valérie est la complice parfaite pour la réalisation de mes fantasmes les plus obscurs, les plus inavouables.
Je m’abandonne à jeter un coup d’œil au téléphone.
Sept SMS.
« T’es où putain ??? ». Suivi de ces petits smileys à tête de mort…
Heureusement, Je suis depuis longtemps passé professionnel dans l’art du mensonge. J’en use même lorsque ce n’est pas nécessaire, pour séduire une conquête d’un soir, ou juste par plaisir, par vice. Je ne le sais certainement pas moi-même.
Mes pensées m’ont accompagné jusqu’à la maison et je vérifie machinalement mon téléphone avant d’entrer. Message de Valérie : «c’était si bon maitre, mon cul vous redemande et vous attend avec impatience ».
Pas idéal pour faire retomber mon érection. Marie devra le prendre pour elle.
La maison est silencieuse. Télé éteinte, chose rare ces derniers temps où Marie semble plus intéressée par cette lanterne vide que par notre couple. Cela semble étrange de se plaindre de notre couple quand je ne manque pas une occasion de le poignarder. Pourtant, je me sens légitime. Valérie, Claudia, Samara ou les autres ne font pas partie de mon couple. Elles sont une part de mes autres vies. De celles que l’existence s’acharne à nous priver. Pourquoi choisir, que choisir ? Quand choisir ? Je sais que j’ai déjà choisi mais ces relations entretiennent une illusion de possibilité qui m’est indispensable.
Je me glisse dans la cuisine et prépare un café.
Ce geste machinal, quotidien, m’arrache Valérie instantanément.
Ma vie reprend le contrôle.
Une douche et je m’effondrerai au cote de Marie.

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